Le Prophète des Ombres
Introduction
Châtié de l’empire, de son sombre esprit il chercha vengeance sur ceux ayant détruit sa vie, pour une simple malchance. Il trouva la prophétie des ombres, et détruit ceux qu’il détestait tant, ainsi que tout leur peuple, le sien. Il créa le peuple des morts, et dirigea celui-ci sur la voie qu’il affectionnait, la destruction des êtres vivants. Cependant, sa création le mena à sa propre perte…
Histoire
Lors d’une douce soirée de printemps, dans le Royaume d’Hihen’Aevos, un homme enveloppé dans un manteau noir, le visage dans l’ombre, scrutait les rayons de l’immense bibliothèque de la cité des Anges. Frôlant du bout de son doigt chacun des livres, il posa finalement son attention sur un volume particulièrement ancien, se trouvant dans un coin sombre de l’établissement. Ses yeux se fermèrent un court moment, et une profonde inspiration se fit entendre. Celui-ci frémissait tout en observant pendant quelques instants la couverture du tome. Son regard se promena dans la pièce, cherchant des gens présents dans celle-ci, mais sans résultat. Finalement, d’un geste lent, il ouvrit l’ouvrage. La prophétie des ombres, il la tenait en fin entre ses mains; tant d’année cet homme avait passé à la chercher. Les clefs permettant de l’accomplir, il les possédait depuis encore plus longtemps. Il chercha, chercha et chercha encore dans tous les recoins de l’empire le chaînon manquant de son immense casse-tête qu’il prit tant d’année à bâtir, tapis dans l’ombre. C’est finalement qu’il le trouva, au dernier endroit où il aurait pensé le trouver, au cœur même de la cité des Anges, sa ville natale, centre de ses souvenirs les plus noirs.
Il les revoyait, les nobles, lui crachant au visage, le battant jusqu’à ce qu’il en perde conscience. Ses souvenirs le hantaient au moment où sa main tournait les pages du tome. Il devait se venger pour tout ce qu’ils lui ont fait. Ses hommes, ayant détruit toute sa vie, il souhaitait les voir mourir, tous, sans exception, ainsi que tous les autres personnes vivantes. La mort, il ne désirait que la mort de tout ce qui l’entourait; une rage destructrice le dominait.
Quelques trente ans plus tôt, cet homme, un pauvre fermier, creusait tranquillement un puit dans son champ. La sueur perlait sur son front, le soleil étant à son zénith. La routine du pâturage ne pouvait pas être à son meilleur, jusqu’au moment où en relevant la terre il cogna un objet enfouit sous celle-ci, non loin du Grand Chêne. Il s’arrêta un instant, pour retirer du sol se qu’il pensait être une roche, quand il s’aperçut que c’était un coffre bien banal en bois, en chêne même. Se demandait se que pouvait bien faire un tel coffre à cet endroit, il l’ouvrit. À l’intérieur de celui-ci, se trouvait un étrange Talisman. Il alla d’abord voir son frère, travaillant sur la même ferme que lui. Celui-ci sembla assez inquiet par la découverte et lui dit de reposer le tout dans le coffre, et lui de nouveau dans le sol. Il lui avait toujours dit de se tenir loin de tout objet scintillant, et n’en démordait pas moins à ce moment. Décidant de ne pas suivre le conseil qu’il aurait tant du mieux écouter, il se rendit vers la cité des Anges, s’élevant près des champs.
Se rendant au temple, il se questionna si on lui remettrait bien une récompense pour l’avoir trouvé. Lorsqu’il fut arrivé, il demanda à voir un des grands du Clergé. Celui-ci venu, il lui montra le talisman. Le visage du prêtre se figea aussitôt qu’il vit l’objet. Il le reconnaissant, l’objet de malheur longtemps auparavant enterré par le temple dans les champs, en espérant que jamais n’on le retrouve. Il siffla un garde impérial à l’entrée, désigna d’un signe de tête le fermier puis d’un bout de son doigt un couloir. Le pauvre fut amené dans une sombre ruelle par deux gardes, le faisant avancer sans rien lui dire. Lorsqu’il fut à l’extérieur, il leur demanda bien s’il aurait la moindre récompense, quand ceux-ci partirent à rire. Se demandant bien la raison du rire, un frisson commençait à le parcourir. Il se disait qu’il aurait bien du suivre le conseil de son frère. Un de deux qui se tenaient devant lui s’approcha; il le regarda quelques instants, puis lui envoya un coup de poing dans le ventre. Il tomba à genou, le souffle coupé, bientôt sans conscience.
L’homme se réveilla dans la ruelle, laissé pour mort. Il se releva avec une immense difficulté, puis il fit route en boitant entre les ruelles vers la sortie de la cité. Il n’avait aucune idée de temps qu’il avait passé allongé dans la ruelle, mais la seule chose qu’il savait c’est qu’une faim atroce gouvernait ses esprits. Il vola discrètement une pomme à un marchant et continua son chemin. En mordant dans la pomme, il se rendit compte que quelques dents lui manquaient. Enfin sortie, il vit de la fumée s’éloigner du champ. Son désire de courir pour s’y rendre était sans équivoque, mais il en était incapable. Lorsqu’il y fut enfin, il fut foudroyé d’horreur en voyant le corps de sa femme et son fils, pendu à un arbre, le mot « Traître » gravé sur celui-ci, ainsi que le sceau du Clergé. Il s’effondra de nouveau, ne pouvant supporter ce qu’il venait de voir.
Il s’éveilla à nouveau, couché devant sa maison, son frère à ses côtés. Celui-ci tentait de lui dire quelque chose, mais il en était incapable. L’homme bouillonnait de rage et de tristesse; il cherchait à comprendre la cause de son malheur, mais en vint. Il discuta quelques moments avec son frère, disant quelques phrases entre ses sanglots. Celui-ci lui dit qu’au moment où il revenait de la rivière, la garde impérial repartait de sa demeure, sa famille déjà pendue. Ni lui, ni son frère n’arrivait à trouver la raison de tout ceci. Il entra de sa demeure, mangea un peu et alla se reposer. Le lendemain, il empoigna une pioche qu’il cacha derrière une cape. De pas rapide, quoi qu’encore un peu boiteux, le temple de la cité fut vite devant lui de nouveau. Cette fois-ci, il entra par où il sortie la dernière fois. Il s’avança silencieusement, le regard empli de vengeance et frappa celui-ci avec le manche de la pioche d’un fort coup à la tête.
Lorsque que ce fut au tour du religieux de se réveiller, il se trouvait dans une ruelle encore plus sombre que la précédente. Il se retourna, paniqué, quand on l’agrippa par la gorge. L’homme, accablé par son récent malheur, lui demanda pourquoi tout ceci lui était arrivé. L’autre répondit que jamais il ne lui dirait, que toutes ces mesures furent prises pour que rien ne se sache. Il serra sa main autour de la gorge quand le prêtre n’eut pu résister plus longtemps. Il commença à lui parler d’une ancienne prophétie, qu’un jour un être était venu leur raconter, en leur donnant ce même talisman. Celle-ci racontait la fin de l’empire, la naissance d’un peuple des morts et que si une âme autre que celle descendant de ceux à qui la prophétie fut racontée mettait la main sur talisman, leur fin s’assurait. Le prêtre s’excusa, il demandait le pardon et lui et à son dieu pour les ordres données la veille, mais qu’il n’eut pas le choix.
Le regard du paysan restait vague, le fond de ses yeux contenait une immense tristesse, comblée par la colère. Il les ferma quelques brèves secondes, puis il les rouvrit, mais ceux-ci étaient désormais morts. Il leva sa pioche d’un geste machinal et l’abattit sur le prêtre. Le fermier se pencha sur le corps et y ramassa le talisman; un mince et cruel sourire apparut sur ses lèvres. Pendant trente longues années, il chercha partout où il allait des indices, des réponses et des maillons de cette prophétie. Enfin, après ce long moment, ses recherches avaient abouties. Son rêve de vengeance allait être accomplie, il n’avait plus aucune raison. En addition du malheur qui le frappa, le bijou maudit grugeait son cœur, l’appelait à accomplir la prophétie.
Quelques heures après l’attaque d’un royaume adjacent à Hihen’Aevos, un homme marchait dans un champ où brûlaient encore quelques flammes du précédent combat. S’appuyant sur sa longue canne, celui-ci avançait vers le Grand Chêne. Un fermier occupé à ramasser les débris de sa maison l’aperçu au loin. Il le reconnu de son manteau… son frère… disparu depuis des années… partie en aillant juré vengeance sur l’empire en entier. Il fut paralysé par la peur en l’observant. Le Prophète des Ombres s’arrêta devant l’arbre, la dernière clef de la prophétie, l’arbre de la vie, une force symbolisant la vie et la prospérité de la cité des Anges d’Hihen’Aevos. Quelques instants plus tard, le ciel se déchirait et le Grand Chêne reprit en flamme. Quelques temps plus tard, on ne retrouvait que le manteau noir du l’homme, et l’arbre devint noir et dur tel de la pierre.
Dans les jours qui suivirent, plus aucune créature vivante, des plantes aux habitants de l’empire, ne l’était. Un silence régnait dans ce que l’on appela désormais les Terres Mortes d’Hihen’Aevos. La dernière étape pour faire naître l’immortel peuple des morts restait encore inachevée. Le Prophète avait mal calculé son coup, il fut prisonnier de l’arbre pendant de longs siècles, trop long à son avis. Les plantes et les animaux eurent le temps de reconquérir les landes mortes jusqu’au jour où une personne des terres voisines osa s’aventurer au centre de cet endroit maudit. Dès le moment où il mit les pieds sur le seuil d’Hihen’Aevos, toute la puissance du Prophète se réveilla d’un coup. Son esprit pouvait maintenant s’étendre sur l’esprit de l’homme marchant sur son territoire; il l’appelait. Il le voulait, il viendrait, et il vint. De son âme qu’il lui extirpa, la prophétie était accomplie, et le pouvoir de contrôler la mort était maintenant à sa portée. Ce fut ce sombre jour que le Dieu de la Mort, Prophète des Ombres naquit, ainsi que son armée. Il les éduqua, il leur donna une conscience, et les envoya se battre et éradiquer la vie.
Cependant, ce fut de sa création qu’il échoua considérablement. Jamais il n’avait envisagé la possibilité que l’un deux puisse lui en vouloir pour ce qu’il leur avait fait. Ce fut son frère, ressuscité des morts, le premier à ce rappeler de son passé, des siècles auparavant. Il lui en voulait, jamais le pardon ne lui serait accordé. Malheureusement, celui-ci était imprégné par l’esprit de vengeance que la malédiction versait en tous les Revhans. Il leva une troupe de Revhans, et força leur retour de souvenirs. Il leur dit que le « Créateur » ne désirait pas de régner et qu’il fallait l’anéantir pour le salut de leur âme.
Lors d’un bien sombre matin, une grande explosion se fit entendre au centre d’Hihen’Aevos; le Grand Chêne avait été détruit. On ne retrouva qu’un amoncellement de cendre, ainsi que les corps inanimé de tout ceux ayant détruit le Prophète. Contre toutes leurs attentes, ce ne fut qu’eux qui furent détruits en entier. Le Grand Prophète n’eut le temps que s’assurer une courte défense, peu avant sa destruction. Son corps n’était plus, mais son esprit et sa puissance restaient. Il ère désormais dans les Terres Mortes, attendant le jour où il sera ramené. Certains racontent que l’Avhislen serait très avancé dans leurs recherches, quelques fois aidé par quelques vivants vénérant la mort et la création de cet être de vengeance.
Valeurs et Idéaux
Le Prophète des Ombres fut nommé le maître de morts après sa création. Beaucoup redoute son retour, car tous savent qu’il recommencera ce qu’il a débuté. Il déteste toute forme de vie, son esprit entièrement corrompu par le talisman de la prophétie. Ses plus grands fidèles auront peu de considération pour tous ceux adorant leur vie. De nombreux Revhans lui voue encore allégeance, malgré le fait qu’il soit disparu. De plus, il arrivera que quelques mortels viennent à le vénérer, ceux-ci ayant subit une grande suite de malheurs dans leur vie, et étant voué maintenant à la mort et l’immortalité. Ces mortels espèrent qu’un jour il reviendra, et les intègrera dans le peuple des morts pour leur service. Selon certaines légendes, ses commandements seraient dictés dans un livre gardé au cœur de l’antre de l’Avhislen.
Il fut souvent associé à la vengeance, la mort, la malédiction et au malheur. Certains philosophes se sont penchés sur la question et beaucoup en sont venus à le nommer Dieu du Malheur, puisqu’il a en a causé de grands, et en fut aussi accablé.
Conclusion
Ce fut l’empire lui-même qui signa sa perte, en permettant au Prophète de déchaîner toute sa rage dont se nourrissant le talisman. Lorsqu’il reviendra, les landes seront à nouveau plongé dans une ère noire tel ils l’étaient du temps où il régnait sur les Revhans et les envoyait en guerre sans cesse. La seule chose restant à savoir… est quand il reviendra…
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